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dimanche 11 mai 2014

Sciences de l'Education et sciences dures

Carl E.Weiman est un physicien américain, professeur de physique à l’université de Stanford, CA. Il enseigne aussi à la Graduate School of Education, à Stanford. Ses recherches concernent la physique atomique, les attitudes et résolutions de problèmes scientifiques et l’effet des différentes pédagogies dans l’apprentissage scientifique. En 2001, il a reçu le prix Nobel de physique, avec Eric Allin Cornell et Wolfgang Ketterlé, pour ses travaux relatifs aux condensats de Bose-Einstein.

Dans un récent article, il s’interroge sur l’utilisation des données probantes en enseignement. Il y  soutient l’existence d’une très importante similitude entre la recherche pratiquée dans les sciences dures et celle relative à l’éducation ; il y voit des pistes utiles pour définir ce que pourrait être une recherche pédagogique rigoureuse et scientifique. Il explique que la propriété fondamentale de la recherche en sciences dures est son pouvoir prédictif, pouvant s’appliquer uniformément en enseignement à petite et à grande échelle, aux  recherches quantitatives et qualitatives. Bien que les variables puissent différer, tout comme les méthodes de collecte,  les chercheurs tâchent de mesurer et contrôler les variables importantes ; ils conçoivent les expériences et les tests qui en découlent afin de s'assurer que ce qui ne peut être mesuré ou contrôlé entièrement ne modifie pas  les résultats de manière significative. Il conclut que même si des domaines comme la physique ou la chimie sont des sciences matures, le travail de pointe dans ces domaines est souvent désordonné, les chercheurs luttant pour déterminer quelles variables sont importantes. Il suggère que la recherche en éducation soit calquée sur les modèles adoptés par les recherches de pointe dans les sciences dures. Il conclut : «  J’ai soutenu que les similitudes entre les recherches en éducation et la recherche en sciences dures sont plus grandes qu’on ne le reconnaît habituellement, essentiellement en raison d’une méconnaissance de cette dernière… » Dans un autre article consacré à l’enseignement des sciences, il annonçait  «  vouloir faire de l’astronomie plutôt que de l’astrologie ». Excellente image, toute pratique pédagogique ne s’appuyant pas sur les données probantes, relève plus de l’astrologie que de l’astronomie.

Daniel Willingham fait une présentation intéressante de ce pouvoir de prédictibilité de la science selon Weiman dans un article du site Real Clear Education.
Bonne lecture.



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