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vendredi 5 avril 2013

Questions fréquentes sur la PEx ( n° 1)


Questions ou remarques fréquemment formulées au sujet de la Pédagogie Explicite en particulier et de la pédagogie en général.

Depuis que j’ai entrepris de faire connaître l’Enseignement Explicite, j’ai observé qu’un certain nombre de questions ou remarques surgissaient régulièrement de la part des enseignants. La récurrence mérite des réponses que je livrerai dans ce post et dans les suivants.
Ces observations révèlent que l’Enseignement Explicite est encore largement méconnu et la persistance d’a priori causés par des années de dogmatisme institutionnel.

Je ne veux appartenir à aucun courant pédagogique
(je préfère picorer ici ou là ce qui me plaît.)

Pourquoi cette idée de se démarquer de tout courant pédagogique et de glaner à droite et à gauche des recettes selon l’humeur, la personnalité ou le profil des élèves est-elle si répandue dans le milieu enseignant ?

Le refus d’appartenance à un courant vient sans doute du désir d’affirmer son indépendance et son pouvoir décisionnel mais témoigne aussi d’un rejet du courant institutionnel dominant, celui qui a été érigé en modèle lors de la formation initiale : le constructivisme. La pluralité pédagogique n’existe pas dans la formation initiale. Une fois en poste, les enseignants s’essaient à ce à quoi on les a « formés ». Les résultats, malheureusement ne suivent pas ; à partir de là, nombre d’entre eux, échaudés, développent une allergie à toute forme de discours pédagogique ainsi qu’à toute approche un tant soit peu théorique. Ils se dirigent alors vers des espaces d’échange de recettes qu’ils ont expérimentées.

Il est bien regrettable de jeter le bébé, en l’occurrence la pédagogie, avec l’eau du bain, même si j’en comprends les raisons. Ce n’est pas parce qu’une approche pédagogique n’a pas fonctionné qu’il en sera de même avec les autres. Mais il est encore plus regrettable que les enseignants en soient réduits à ces extrémités, même après plusieurs années de pratique : récupérer des recettes à droite et à gauche.

Voilà donc pourquoi une grande majorité « picore par-ci par-là » : pour telle leçon une séance de découverte, pour telle autre une activité transmissive, puis on va tenter le principe de la classe inversée, qui commence à être à la mode… 

Cette façon de faire, néanmoins, risque de se heurter à un certain nombre de paradoxes. À commencer par le fait que chaque pratique pédagogique repose sur des principes particuliers qui ne sont pas forcément compatibles entre eux. Par exemple, la transmission directe explicite avec les situations de découverte. Ou alors l’accès direct à la complexité avec l’approche progressive du simple au complexe. Une pratique pédagogique, quelle qu’elle soit, est un tout ; elle a été conçue non comme une succession d’activités dissociables les unes des autres mais comme un ensemble qui répond à un même objectif, à un même esprit. Les élèves confrontés à de tels changements risquent d’être déroutés et de ne plus exactement comprendre ce que l’on attend d’eux. Nous savons toute l’importance d’associer les élèves à leurs apprentissages en leur expliquant ce que l’on attend d’eux, les outils qu’ils vont utiliser pour y parvenir etc. Si les activités sont trop disparates sur le plan des principes, les élèves vont vite perdre le fil et les résultats ne seront pas au rendez-vous.

Si l’on veut reprofessionnaliser le métier, il faudrait d’abord réconcilier les enseignants avec la pédagogie, ou plus exactement avec les pédagogies. Leur montrer qu’il existe une vie en dehors des pratiques de découverte, et que d’autres formes de pédagogie existent, donnant des résultats chez les élèves et équipant les enseignants des outils nécessaires pour progresser et pour comprendre avec précision pourquoi les élèves apprennent et pourquoi ils n’apprennent pas. Cela sera possible quand ce ne seront plus les gouvernants qui donneront leurs injonctions pédagogiques, mais les données probantes. Autrement dit, lorsqu’une révolution des mentalités aura été accomplie.

A bientôt ici même pour une autre remarque: "Ce n'est pas la pédagogie qui compte mais la vocation de l'enseignant".


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