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mercredi 25 mai 2011

Histoire drôle - Madame Larbine


Madame Larbine, professeur des écoles

Toute ressemblance avec des personnages réels ou ayant existé serait pure coïncidence. Les noms sont fictifs. Mais parmi ces trois histoires, il en est une qui est beaucoup plus invraisemblable que les autres. À vous de trouver laquelle… Bonne lecture.


Histoire 1
Peerle Miramar Boissy Jones est mère d’une petite Harmonie de 9 ans, scolarisée en classe de CM1.
Harmonie dit à la maîtresse : «  J’ai un mot pour vous ». Mme Larbine, la maîtresse, redoute cette phrase par-dessus tout ; elle sait par expérience qu’un mot de parent d’élèves est tout, sauf une lettre de courtoisie. C’est donc avec un pincement au cœur qu’elle le lit :

«  Madame,
Je découvre avec grand étonnement que vous avez sanctionné Harmonie lors de la correction de sa dernière dictée. En effet, vous lui avez retiré des points pour avoir omis quelques  accents, pour n’avoir pas accordé les verbes, ainsi que pour des mots supposés illisibles, selon vous. Harmonie a été profondément touchée par ce  fait,  qu’elle perçoit comme une injustice criante. Elle ne dort plus la nuit et le traumatisme est tel qu’elle est en train de développer une phobie de l’école. Les erreurs qu’elle est supposée avoir commises dans sa dictée sont vraiment insignifiantes et ne méritent pas un tel acharnement de votre part. D’autant plus que c’est une enfant brillante. Mais comme beaucoup d’enfants dans ce cas, elle fait preuve d’une grande sensibilité. J’ai bien peur que son estime de soi ne soit compromise.

J’aimerais donc vous rencontrer afin de savoir ce que vous comptez faire pour remédier à ce problème.

Peerle Miramar Boissy Jones »

Là, Mme Larbine sent son estomac se nouer, elle pâlit, partagée entre la colère et la peur ; en effet, comment pourra-t-elle défendre l’indéfendable ? Que peut-on répondre quand le mot magique est lancé, celui contre lequel l’enseignant se trouve désarmé : traumatisme ? D’un autre côté, elle n’en est pas à son coup d’essai et a appris au fil des ans à se défendre toute seule. Mais on n’est jamais à l’abri d’un imprévu par les temps qui courent ; et quand cela se produit, l’enseignant se trouve bien seul, sans aucun appui externe, ni même interne.

Entretien entre Peerle Miramar Boissy Jones, Harmonie Miramar Boissy Jones Armanelli et Mme Larbine.

La journée s’est écoulée et Mme Larbine n’a cessé de penser et repenser à ce qui l’attendait après la classe: l’entretien à propos de la dictée. Dure journée, des élèves peu attentifs, comme s’ils sentaient le malaise et profitaient de la situation, chaleur épouvantable. A 17 heures, Mme Larbine a très mal à la tête, elle est en sueur, un peu échevelée. Elle n’a même pas le temps de se rafraîchir, Peerle Miramar Boissy Jones l’attend. Elle les fait entrer dans la classe ; en effet, Harmonie assistera et participera à l’entretien, au même titre que sa maman.
« Comme je vous l’ai expliqué, nous venons pour vous exposer le désarroi d’Harmonie et sa profonde détresse, suite à l’incident de la dictée. Et pour que vous y mettiez un terme.
- Nous allons reprendre du début si vous le voulez bien. La dictée est un exercice dont le but est d’écrire sans faute les phrases que je dicte. Des accents oubliés ou inversés sont des fautes d’orthographe, tout comme l’accord des verbes. C’est pourquoi des points ont été retirés pour ces fautes.-  Mais ne pensez-vous pas que le retrait des points soit propre à traumatiser les élèves ?
- Non madame, dans la mesure où la note obtenue représente le travail fait par l’élève et non un  jugement sur ses qualités individuelles, comme je l’explique aux élèves dès le début de l’année. Et de ses erreurs, il y a toujours un enseignement à tirer et un progrès à accomplir.
- Oui, je connais le discours, sauf que les élèves ne peuvent pas comprendre ce genre de subtilité ;  de plus, je pense qu’il est injuste de sanctionner les fautes d’accent car, en soi, elles ne sont pas très graves.
- Et que pensez-vous des fautes d’accord de verbe ? répond Mme Larbine, lui brandissant les travaux d’Harmonie.
- Je pense que d’une part l’orthographe n’est qu’une convention élitiste non indispensable qui a pour conséquence de tuer dans l’œuf toute créativité. D’autre part, vous avez aussi une autre obsession : l’écriture. Et Harmonie ne comprend pas pourquoi vous dites que les mots qu’elle écrit sont illisibles. J’arrive personnellement à les lire sans difficulté. Harmonie, qu’en penses-tu ? »
La fillette prend la parole d’une voix tremblotante, n’osant regarder Mme Larbine mais lançant des coups d’œil inquiets vers sa mère, comme pour savoir si ce qu’elle disait avait son aval. S'adressant à la maîtresse :
- Tu me grondes toujours car tu dis que j’écris mal. Alors, j’ai très peur et je ne peux plus écrire… Jj’ai mal au ventre.
Mme Larbine exhibe alors les travaux écrits d’Harmonie. Sa grande expérience en la matière lui avait permis de se préparer :
- Et là,  vous trouvez que c’est lisible ? Et là, et là, et là ?
Devant la mauvaise foi de cette maman "doltophile", Mme Larbine se laisse emporter par l’énervement.
- Ce n’est pas la peine d’élever le ton et de monter sur vos grands chevaux. Il n’est pas surprenant que vous traumatisiez les élèves si vous vous comportez ainsi avec eux. Mais si vous n’arrivez pas à lire cela, alors vous avez un sérieux problème. J’exige réparation pour le tort que vous avez fait à ma fille.- Et moi j’exige réparation pour harcèlement, ingérence dans la façon de faire mon métier et accusations mensongères.
- Et bien puisqu’il en est ainsi, je vais m’adresser plus haut et vous aurez de mes nouvelles…
Sur ces paroles lourdes de menaces, Peerle Miramar Boissy Jones et Harmonie Miramar Boissy Jones Armanelli tournent les talons, ne laissant aucune chance à Mme Larbine d’aller plus avant dans son argumentaire et de dire haut et fort ce qu’elle aussi avait sur le cœur.

Elle regretta donc de ne pas avoir pu dire toute sa pensée à cette mère d’enfant roi. Lui dire à quel point elle nuisait à sa fille en se comportant ainsi, à quel point elle en ferait un adulte à l’ego surdimensionné, incapable de se frayer un chemin dans la dure société qui est la nôtre aujourd’hui. Il ne lui restait plus qu’à attendre une convocation de son IEN. Et là tout dépendait des qualités professionnelles et humaines de son supérieur ainsi que de son zèle à observer les consignes venues de plus haut.

Histoire 2
Claire Martin est mère du petit Pierre de 9 ans, scolarisé en classe de CM1.
Pierre dit à la maîtresse : « Maman a écrit un mot pour toi dans le cahier de liaison. ». Mme Larbine, la maîtresse, redoute cette phrase par-dessus tout ; elle sait par expérience qu’un mot de parent d’élèves est tout, sauf une lettre de courtoisie. C’est donc avec un pincement au cœur qu’elle le lit :
«  Madame,
Je souhaiterais prendre rendez-vous pour discuter du travail et du comportement de Pierre car je constate qu’il y a en ce moment une baisse des résultats. Dites-moi quel moment vous conviendra le mieux.
Recevez mes sincères salutations.
Claire Martin »



A ces mots, Mme Larbine ressent une sensation maintenant habituelle dans son estomac. Certes la lettre est courtoise, mais on ne sait jamais quelles intentions peuvent se cacher sous une apparence aussi policée. En quelques secondes, elle fait le tour de ce qui aurait pu se passer en classe, impliquant Pierre : problèmes de comportement, bavardages, manque d’assiduité, manque d’attention… Mais rien ne lui vient à l’esprit. Pierre est un élève agréable qui ne pose pas problème.  Elle est tout de même mal à l’aise.

Entretien entre Claire Martin et Mme Larbine

La journée s’est écoulée et Mme Larbine a pensé à plusieurs reprises à l’entretien qui l’attendait après la classe. A 17 heures, Mme Larbine a très mal à la tête, elle est en sueur, un peu échevelée. Elle profite des 15 minutes de battement pour se rafraîchir et préparer son dossier. Puis quelqu’un frappe à la porte et attend qu'on lui dise d'entrer. Mme Larbine l’accueille. Voilà qui est étonnant, Claire Martin est seule. L’entretien se passera donc sans l’enfant, entre adultes, comme l’avait suggéré Mme Larbine lors de la réunion des parents d’élèves en début d’année. Elle fait cette recommandation chaque année, ce qui n’a absolument aucune incidence sur le comportement des parents.
« Bonjour, comme je vous l’ai  brièvement expliqué, je viens vous voir pour vous parler du travail de Pierre. En effet, ses résultats ont baissé récemment, en particulier en orthographe et vous l’avez, à juste titre, réprimandé pour cela. J’ai entrepris de l’aider à la maison mais j’aimerais avoir votre avis et savoir si je vais dans le bon sens ou bien s’il est nécessaire de faire différemment.
- Tout d’abord, je vous rassure, il n’y a pas péril en la demeure mais néanmoins, il faut se préoccuper de cette baisse.
- J’ai prévenu Pierre qu’il devait travailler davantage y compris à la maison et lorsqu’il ne réussit pas un exercice je lui donne une pratique supplémentaire. Je ne le lâche pas une seconde, jusqu’à ce que les résultats remontent. Quant aux questions de comportement et de bavardages, je ne le tolère pas.
- Vous avez raison, c’est exactement cela qu’il faut faire. Il a besoin d’un peu plus de pratique afin d’être plus assuré dans ses connaissances. Il faut également lui montrer que lorsque l’on s’entraîne suffisamment, on réussit mieux. Et n’oubliez pas pour l’orthographe de lui demander chaque fois de justifier sa réponse ; cela permet de faire une petite révision et de mieux ancrer la connaissance.
- Vous avez eu entièrement raison. De toutes façons, il est prévenu : une sanction à l’école = une autre à la maison.  Que pensez-vous de son niveau en mathématiques ?
- Il est très bon, il n’y a rien à redire, soyez rassurée.
- Bien je vous remercie pour votre avis éclairé. Et surtout n’hésitez pas s’il y a quelque chose, prévenez-moi, vous savez que je vous fais entièrement confiance.
C’est très gentil de votre part », balbutie Mme Larbine, surprise par cette confiance avouée.

C’était beaucoup plus qu’elle n’en avait espéré.
Ce soir-là Mme Larbine se dit que de temps en temps il y avait de bons côtés dans ce métier. Elle s’endormit de bonne heure, un sourire béat au coin des lèvres.

Histoire 3
Sabrina Marcouret est mère du petit Kevin Assoulin de 9 ans, scolarisé en classe de CM1.
Kevin dit à la maîtresse : «  Ma mère, elle a marqué un mot dans le cahier rouge ». Mme Larbine, la maîtresse, redoute cette phrase par-dessus tout ; elle sait par expérience qu’un mot de parent d’élèves est tout, sauf une lettre de courtoisie. C’est donc avec un pincement au cœur qu’elle le lit :
«  Chère madame,
Je viens vous signalé quil faut que vous arrêtez de tromatiser Kevin pour les faute parce que c’est pas de sa faute et vous êtes méchante avec lui. Vous arrêtez pas de lui enlever des point parce que soidisant il fait des fautes,  et maintenant il veut plus aller à l’école. vous le detester et il est toujours puni. Vous navez pas le droit et je veux un rendez-vous pour régler le problème.
Je vous envoie mes salutation très distingées. »


Là, Mme Larbine sent son estomac se nouer, elle pâlit, partagée entre la colère et la peur ; en effet, comment pourra-t-elle défendre l’indéfendable ? Que peut-on répondre quand le mot magique est lancé, celui contre lequel l’enseignant se trouve désarmé : traumatisme et ce, même s’il est mal orthographié ? D’un autre côté, elle n’en est pas à son coup d’essai et a appris au fil des ans à se défendre toute seule. Mais on n’est jamais à l’abri d’un imprévu par les temps qui courent qu’il soit verbal ou physique ; et quand cela se produit, l’enseignant se trouve bien seul, sans aucun appui externe, ni même interne.

Entretien entre Sabrina Marcouret et Mme Larbine

La journée s’est écoulée et Mme Larbine n’a cessé de penser et repenser à ce qui l’attendait après la classe: l’entretien à propos de la dictée. Dure journée, des élèves peu attentifs, comme s’ils sentaient le malaise et profitaient de la situation, chaleur épouvantable. A 17 heures, Mme Larbine a très mal à la tête, elle est en sueur, un peu échevelée. Elle n’a même pas le temps de se rafraîchir, Sabrina Marcouret l’attend, apparemment très pressée.  Elle la fait entrer; Kevin suit en traînant la patte. «  Grouille, lui dit la mère, ramène-toi ! ». Il marmonne quelque chose puis obtempère.
« Je viens vous voir parce que vraiment j’en ai ras-le-bol, ça peut plus durer, vous en avez toujours après lui, le petit il est traumatisé et il me passe toutes les nuits. Alors, je le mets pas à l’école pour le traumatiser. Il veut plus venir. Alors je vous préviens, si ça change pas, je vais à l’académie. Et je vous préviens, je connais du monde.
- Nous allons reprendre sereinement du début si vous le voulez bien. Votre enfant a les notes que son travail mérite. Quand il a une mauvaise note, ce n’est pas par méchanceté que je la lui donne, c’est parce qu’il n’a pas fait ce qui était demandé. Et pourquoi n’a-t-il pas fait ce qui était demandé ? Car il ne fournit aucun travail personnel, n’apprend pas ses leçons et a un comportement très agité, même insolent, comme je vous l’ai déjà signalé à plusieurs reprises. »
Mme Larbine montre alors les divers travaux de l’enfant. Pendant ce temps, le petit Kevin fait le tour de la classe, touche à tout, dérange les livres de la bibliothèque sans rien replacer. Bref rien d’anormal. La mère reprend :
« Moi je trouve que c’est injuste et il est toujours puni. Quand il était petit il a été malade, il a eu la mort subite du nourrisson. Je vous jure c’est pas sa faute.  Alors quand je vois ça, ça me fend le cœur. Vraiment ça peut plus durer. Je te préviens, mon gamin tu le laisses tranquille, sinon je reviens avec qui il faut et je te casse la gueule. »
Hors d’elle, Sabrina Marcouret sort en hurlant après Kevin et en continuant de proférer des menaces. On dirait une folle.

Une fois cette furie sortie, Mme Larbine s’assit un peu secouée, et regretta profondément de ne pas avoir été assistée d’un témoin lors de cet entretien. Elle regretta aussi de lui avoir consacré autant de temps, rien ne sert de tenter de discuter avec ce genre d’individu. Il ne lui restait plus qu’à contacter son syndicat, à rédiger un rapport pour son IEN, un autre à la Solidarité Laïque, en espérant que la situation ne se retournerait pas contre elle. Une belle soirée en perspective pour avoir voulu à tout prix donner un enseignement à un enfant contre sa volonté et contre celle de sa mère.

Conclusion
École

Depuis toutes ces années, Mme Larbine croyait que l’école devait instruire les élèves afin de les préparer à leur vie d’adulte. Elle voulait leur apprendre des choses, elle voulait en faire des citoyens éclairés, prêts à faire des efforts et à prendre du plaisir à l’acquisition de nouvelles connaissances, seule voie pour une bonne  estime de soi. Elle ne savait pas que tout avait changé. L’école désormais est là pour assouvir les besoins des élèves, les rendre heureux dans l’instant présent, participer à leur épanouissement en leur répétant qu’ils sont les meilleurs. Qui a parlé d’instruction, de travail et d’efforts ?

samedi 5 mars 2011

Conférence nationale sur les rythmes scolaires




Ça commence ainsi :

« Le présent rapport est le reflet fidèle de toutes les contributions et de  toutes les opinions exprimées, de ce que pensent les Français de l’organisation actuelle et des améliorations qui pourraient être apportées. »


La grande consultation sur les rythmes scolaires a eu lieu et la synthèse est parue. Serait-ce une expression de ce que d’aucuns appellent démocratie participative ? Depuis les années Jospin, les enseignants ont l’habitude de ce genre de rituel. Au début, nous étions ravis d’être enfin sollicités… jusqu’à ce que l’on se rende compte que la manœuvre permettait simplement d’entériner des décisions déjà prises, tout en leur donnant le vernis de la consultation démocratique. D’où la désaffection des enseignants pour ce genre de rituel aujourd’hui. C’est pourquoi la grande consultation sur les rythmes scolaires n’a pas fait jaser dans les cours de récré si ce n’est par quelques remarques désabusées.

Mais, cette consultation-là a quelque chose d’exceptionnel ; à dessein, elle dépasse le cadre du monde enseignant et s’adresse à tout citoyen, comme les rapporteurs prennent le soin de nous le rappeler à plusieurs reprises tout au long de la synthèse : l’avis de chacun doit être pris en compte dans l’établissement des rythmes scolaires du XXIe siècle. La société en entier a son mot à dire : les fédérations de parents, les organisations lycéennes, les représentants du monde associatif, les représentants des cultes catholique, musulman, protestant et israélite, le monde économique et social (patrons des petites et moyennes entreprises, tourisme, hôtellerie, commerçants, transports, agences de voyage, moniteurs de ski), représentants ministériels (Comité national olympique, CSA, représentants de l’Outre-mer, Jeunesse et vie associative, Agriculture, Culture, Sport, Tourisme), collectivités (associations des départements, des maires, élus de la montagne, réseau des villes éducatrices), un collège expérimental. Si quelqu’un a été oublié, ce sera très fâcheux, voire suspect. La grande variété des auditionnés montre la volonté de faire des questions scolaire un thème dépassant largement le cadre des professionnels de l’enseignement qui, comme on pourra le constater, apparaissent très peu dans cette audition. Après tout, ce recueil d’opinions “citoyen” serait anodin s’il ne servait de référence et de prétexte à une réforme scolaire déjà engagée, réforme dont on peut se demander si elle vise vraiment à améliorer la qualité des apprentissages. Et puis les opinions des uns et des autres, aussi respectables soient-elles, sont-elles la garantie qu’elles conduiront à une école plus efficace. Ou bien sont-elles juste un sondage permettant de savoir quelle école souhaitent les futurs électeurs ?
Vous pouvez accéder directement aux 149 pages du rapport : pdf Télécharger le document

Si vous préférez une lecture commentée, voyez ce qui suit. J’ai noté et groupé les citations selon les thèmes récurrents. En bleu mes observations, en noir les citations du rapport de synthèse.

Bien-être de l’enfant
  • Les rythmes scolaires doivent être pensés non seulement comme un instrument de la réussite et de la performance à l’École, mais également comme un facteur du bien-être dans l’établissement.
  • Le bien-être de l’enfant et ses apprentissages sont au centre du débat.
  • Tous les auditionnés placent le bien-être de l’enfant, ses apprentissages au centre du débat.
  • Ainsi que le rappelle l’UNAF, « le bien-être de l’enfant doit être premier ». C’est ce principe qui fonde l’action des fédérations de parents d’élèves.
  • Ce qui est primordial, c’est l’intérêt de l’élève à être à l’école ».
  • IV. 2. Des priorités multiples : IV. 2. 1. L’épanouissement de l’enfant …
  • Il faut affirmer leur complémentarité… et ne plus raisonner en termes de concurrence, l’objectif commun étant la réussite de l’enfant et son épanouissement ».
On notera que le bien-être arrive tout de même avant les apprentissages, dont il est très peu question dans la synthèse. Le terme bien-être est aussi remplacé par celui d’épanouissement. Voilà la mission principale de l’école du XXIe siècle : épanouissement, bien-être avant tout. Les apprentissages apparaissent de manière très floue et on sent bien qu’ils ne sont pas la clé de voûte de la nouvelle école.

Contraintes familiales

  • L’UNAF rappelle que les familles vivent des contraintes qu’il est nécessaire de prendre en compte. L’organisation des rythmes scolaires doit dès que possible intégrer ces contraintes, notamment [celles qui pèsent sur] l’organisation du périscolaire ».
  • « Il y a lieu de modifier les rythmes scolaires pour être plus en harmonie avec les rythmes de l’enfant, mais en tenant compte également des rythmes des familles ».
  • Revoir le zonage serait ainsi une manière de prendre en compte les contraintes des familles recomposées qui ont parfois du mal à coordonner leurs vacances.
En bref, l’école doit s’adapter à la façon de vivre des familles. Soit. Pourquoi pas ? Mais ce qui vaut dans un sens doit valoir dans l’autre. Pourquoi ne pas demander à ce que les familles s’adaptent à l’école par exemple, en accompagnant leurs enfants dans les apprentissages, en veillant à ce qu’ils ne s’absentent pas, en respectant les enseignants et l’institution et en leur donnant une éducation et des valeurs qui ne soient pas antinomiques avec les qualités que doit développer un enfant pour apprendre et réussir à l’école. Et puisque le prétexte est ici la question des rythmes scolaires pourquoi ne pas demander aux parents de veiller à ce que leurs enfants dorment suffisamment. Ce  qui semble aujourd’hui une requête extraordinaire !

Devoirs
  • Les devoirs viennent alourdir une journée déjà longue et sont source d’inégalité car ils sont réalisés en dehors du temps scolaire.
  • Autant pour les élèves du primaire que du secondaire, il faut prendre en compte la durée réelle de travail. Les devoirs à la maison doivent impérativement être intégrés dans la réflexion sur les rythmes scolaires ».
  • Les devoirs à la maison, s’ils s’ajoutent aux contraintes déjà lourdes des élèves handicapés, sont aussi une charge réelle pour les élèves en difficulté et leurs familles qui ne savent pas toujours comment les aider. C’est pourquoi pour la FCPE, « c’est à l’école qu’il faut travailler, pas à la maison ».
  • Les devoirs à la maison « aggravent les inégalités » et prolongent la journée de travail, pénalisant ainsi les élèves qui ont le plus de temps de transport ou qui sont le plus en difficulté.
  • On propose le plus souvent de supprimer le travail à la maison, soulignant qu’il devrait être effectué à l’école, au collège ou au lycée, dans le cadre d’un accompagnement personnalisé généralisé.
  • Les devoirs à la maison prolongent la journée de travail, pénalisant ainsi les élèves qui ont le plus de temps de transport ou qui sont le plus en difficulté.
  • Une majorité d’entre eux se déclarent également favorables à l’intégration des devoirs (travail personnel au lycée) dans la journée de classe.
Les devoirs font l’unanimité ; la synthèse hélas ne fait pas la différence entre les devoirs en Primaire et les devoirs en Secondaire. On peut supposer que ces réticences portent plutôt sur le Secondaire, car en Primaire ils sont interdits depuis 1956 et rares sont les enseignants qui se risquent à braver cette interdiction. Néanmoins, le travail à la maison permet d’ancrer les apprentissages en fournissant une pratique supplémentaire aux élèves. Si cela doit être fait en classe, ce sera au détriment d’une autre discipline. Il faudrait peut-être un jour avouer que le seul travail à l’école ne suffit pas. Sans effort ni travail personnel, la réussite reste inaccessible. Mais après des années de bourrage de crâne dissociant les efforts et le travail de la réussite, il ne faut pas s’étonner du résultat. Les élèves qui réussissent dans le Secondaire et dans les grandes écoles fournissent beaucoup de travail personnel, même s’ils présentent des facilités cognitives.

Aide personnalisée
  • L’aide personnalisée si elle prive l’élève d’une pause méridienne nécessaire, s’inscrit aussi en négatif.
  • De même l’aide personnalisée vient-elle à son tour s’inscrire en négatif si elle se substitue à la pause méridienne ou si elle vient allonger la journée le soir. La place de ces temps est déterminante : si les devoirs ne sont pas faits en classe mais à la maison, les élèves les plus démunis peuvent glisser vers le découragement et le décrochage
  • On relève ainsi l’aide personnalisée qui n’aide pas mais « pénalise » de fait les élèves les plus en difficulté – par allongement de la journée ou suppression de la pause méridien.
L’aide personnalisée est un bon principe ; la plupart du temps, les élèves en difficulté ont besoin de plus de temps, de plus d’explications, toutes choses que permettent les deux heures hebdomadaires réservées à cet effet. Il est clair néanmoins que le bénéfice est moindre quand ces heures viennent allonger une journée déjà lourde.

Programmes
  • Enfin, toutes les fédérations, de manière plus ou moins explicite, insistent sur la lourdeur des programmes français, difficiles à mettre en œuvre sur l’année scolaire.
  • Toutes les fédérations s’accordent à considérer les programmes comme trop lourds et à demander qu’ils soient allégés.
Être parent d’élève est-il la garantie d’un avis compétent en termes de programmes ? La fonction parentale permet-elle de savoir ce qui cognitivement peut être enseigné, quand cela doit être fait et comment ? Non, bien sûr.  Cela est du ressort des professionnels des apprentissages. Les parents d’élèves ont certes un rôle à jouer dans la réalisation des apprentissages mais en aucun cas, il ne consiste à déterminer la nature des programmes d’enseignement.
  • De surcroît, les élèves français sont parmi ceux qui éprouvent le plus d’appréhension vis-à-vis de l’École et qui sont les plus indifférents à l’égard de leur établissement.
  • Les programmes pourraient ainsi se penser de manière moins rigide, laissant aux enseignants et aux établissements plus d’autonomie pour les réaliser. Et les élèves plus actifs seraient de ce fait moins fatigués
L’autonomie des programmes et des établissements conduirait à une baisse certaine du niveau et, en tous les cas, à une grande inégalité entre établissements. On peut voir par exemple le cas des écoles américaines qui n’ont pas de curriculum national et dont on connaît maintenant les écarts. Par ailleurs, une autonomie par établissement signifierait la fin de l’école nationale avec ses programmes pour tous les enfants, quel que soit leur milieu d’origine. La dernière phrase sous-entend que la lourdeur des programmes actuels est la cause de la fatigue des enfants. Déjà il n’y a pas de lourdeur, les contenus ont été allégés dans les programmes 2008. Et  si les élèves arrivent dans une classe sans les maîtriser, c’est peut-être aussi car ils n’ont pas été enseignés efficacement. Il est inquiétant que cette idée n’ait jamais été émise par aucun des nombreux « chercheurs », comme par exemple ceux qui peuplent l’INRP. Et si la fatigue des enfants, qui est bien réelle, venait de la lourdeur de leurs emplois du temps hors école. Quand la plupart des élèves sont incapables de travailler dès le matin, et qu’ils bâillent à se décrocher la mâchoire, ce n’est peut-être pas la faute des programmes ni de l’institution. Qui est responsable de leur hygiène de vie en dehors de l’école ?
  • L’UNSA suggère en revanche de réexaminer les programmes à tous les niveaux, afin de « dégager du temps d’apprentissage plutôt que du temps d’exposition aux savoirs ».
On appréciera la subtilité de l’expression ! Qui traduit cette peur panique des savoirs et conduit à tenir des propos complètement incohérents. En effet comment peut-on imaginer faire apprendre les élèves (temps d’apprentissage) en les tenant écartés des savoirs ? Complet non-sens sur le plan cognitif.
  • Les « contenus », l’ambition de programmes dits trop « académiques » sont un motif récurrent des différentes restitutions.
Il faut traduire l’expression « programmes trop académiques » par programmes trop scolaires, i.e. qui enseignent trop de choses comme la langue française, les mathématiques. Bref des choses trop difficiles. Des programmes non académiques seraient des activités extra-scolaires, ludiques. Ce qui rejoint l’idée dominante de l’école comme lieu de plaisir et d’épanouissement, supposé faire s’accomplir les apprentissages naturellement, sans effort.
  • Les programmes sont pour la grande majorité jugés trop lourds pour être réalisés dans le cadre d’une année qui est la plus courte d’Europe.
Il ne vient à l’idée de personne que si les programmes étaient réellement trop lourds, cela pourrait provenir de la façon dont ces programmes sont effectivement enseignés. Aucune mention des méthodes pédagogiques utilisées dans les classes ni de leur rapport à l’efficacité et aux résultats. Et pourtant ce ne sont pas les données probantes qui manquent.
  • Sur l’évolution du métier d’enseignant, les auditionnés s’accordent certes à dire que le métier doit évoluer : le face-à-face du cours magistral doit être renouvelé par de nouvelles modalités d’apprentissage, plus interactives.
Soyons honnête : nous avons là une bribe de remarque sur les méthodes pédagogiques. Le cours magistral doit disparaître au profit de méthodes interactives. J’aimerais savoir ce qui permet aux auditionnés d’affirmer que l’interactivité est une méthode pédagogique ayant de meilleurs résultats que le cours magistral. Où sont les données probantes ? Nulle part, bien sûr ! Car si elles existaient, il y a bien longtemps qu’on aurait rendu ces méthodes obligatoires. Mais cela fait partie de l’air du temps, des croyances, tellement ancrées dans l’esprit commun qu’on ne les remet même pas en question. Par essence, interactivité = efficacité.
  • La semaine est épuisante à l’école primaire car resserrée sur quatre jours tandis que les exigences des programmes sont en augmentation.
  • Évoqués de façon générique depuis le début comme cause probable (et facilement invoquée) de tout ce qui ne va pas, les programmes n’ont d’abord été qu’un vague objet de reproches : trop chargés, ils empêchent les enseignants de remplir leur mission, ils découragent les élèves et les dispersent trop aux yeux des parents.
Des programmes qui empêchent les enseignants d’accomplir leur mission. Il y aurait bien une solution : supprimons les programmes pour que les enseignants puissent enseigner ! Boutade mise à part, l’argument se tient et s’inscrit bien dans l’idée de retirer à l’école sa mission d’apprentissage pour lui confier celle de l’épanouissement personnel des enfants.

Pédagogie
  • Pour la FCPE, « il faut ajuster les temps de travail collectif, en classe entière, en petits groupes, et les temps de travail individuel. De plus, il faut ajuster les temps selon la nature des activités intellectuelles demandées, selon l’âge et les besoins des élèves ».
  • C’est ce que souhaite la PEEP : « La liberté pédagogique totale de l’enseignant en primaire et au collège par rapport aux programmes, donc l’autonomie « organisée » par les équipes pédagogiques des établissements ».
  • […] on doit travailler sur la richesse des contenus, sur l’organisation des cours. Moins d’enseignement reviendrait à creuser les inégalités. Il faut travailler au contraire sur une journée plus riche (intérêt des élèves, motivation) et moins fatigante ».
L’intérêt comme la motivation sont des sensations que ressentent les élèves quand ils réussissent une tâche. Cela fait partie du métier de l’enseignant de faire en sorte d’y parvenir. La motivation ne s’obtient pas en mettant un nez rouge sur l’enseignant ou en satisfaisant tous les désirs et besoins des enfants, ni en cédant aux pressions des parents d’élèves qui réclament du tout ludique.  Tout au plus, cela conduit à des classes agitées et non actives et à des enfants qui en plus de ne rien apprendre, ou plutôt parce qu’ils n’apprennent rien,  s’ennuient à l’école.
  • Pour la Fédération des protestants de France il est indispensable de revoir l’organisation de la journée, de la semaine, des vacances et de leur durée, mais cela ne pourra se faire « qu’en prenant en compte le seul intérêt de l’élève, quitte à bousculer tradition et habitudes ». En primaire, les journées sont trop lourdes, les rythmes de l’enfant ne sont pas pris en compte, le temps consacré aux enseignements artistiques, culturels et sportifs est en diminution et le soutien en fin d’après-midi plus pénalisant qu’utile, notamment, là encore, pour les élèves les plus défavorisés.
Je pensais benoîtement que les associations cultuelles étaient consultées pour donner leur avis sur la place des créneaux de formation religieuse dans la grille horaire. Mais non pas du tout ! Ainsi, la Fédération Protestante reprend – si j’ose dire ! – l’antienne de la pensée dominante sur les contenus, l’aide personnalisée, etc.
  • Sur l’évolution du métier d’enseignant, les auditionnés s’accordent certes à dire que le métier doit évoluer : le face-à-face du cours magistral doit être renouvelé par de nouvelles modalités d’apprentissage, plus interactives.
De l’interactivité comme modèle pédagogique, dont l’efficacité semble  admise et prouvée. À tel point, que cela ne nécessite pas de plus ample développement.
  • Alléger la « journée pédagogique » de classe, ne pas dépasser un nombre quotidien d’heures de cours, ce qui n’empêche pas d’autres formes de prises en charge, à l’école, en surplus de ce temps. Dans l’académie de Lyon, on suggère par exemple un concept innovant, celui de « temps forts » : c’est un regroupement de disciplines, par périodes, sur des plages horaires à thème. En contrepartie les emplois du temps sont allégés et plus souples sur d’autres périodes.
De l’innovation comme garantie d’efficacité… Mais c’est en région lyonnaise : l’INRP n’est pas loin !


Changer le métier d’enseignant
  • Les missions des enseignants mériteraient d’être redéfinies, avec plus de présence dans les établissements, comme le voudrait la PEEP : « On devra aborder sans tabous la réflexion sur les conditions de travail et le temps de présence des enseignants au sein des établissements, qui est probablement en inadéquation avec les besoins des élèves.
C’est logique : les journées actuelles sont trop longues pour les enfants ; mais pour les enseignants, il faudrait les rallonger !
  • Les jeunes doivent apprendre à gérer leur temps et le CAPE propose que les enseignants soient donc formés à « enseigner le temps ».
De la poésie surréaliste.
  • Le CAVL de Besançon, pour sa part, va jusqu’à proposer de « modifier les emplois du temps des enseignants, afin qu’ils soient plus disponibles pour les activités extrascolaires notamment culturelles et les activités de soutien ».
C’est curieux que personne ne suggère d’augmenter le salaire des enseignants et d’améliorer leur statut. Il est pourtant couramment admis dans le monde de l’entreprise par exemple, qu’à travail plus lourd, salaire plus lourd.


Globalité du temps
  • les rythmes de l’enfant ne sont pas isolables de l’ensemble des rythmes sociaux : ceux de l’entreprise (qu’on pense aux temps partiels de nombreuses mères de famille, à l’organisation des transports scolaires, ou aux aspects économiques, en particulier le tourisme), ceux des collectivités locales (plages d’ouvertures des équipements publics, temps de travail des personnels territoriaux), ceux du tissu associatif, sans oublier ceux des familles elles-mêmes »
  • Un service public d’éducation ne prend-il en compte que le seul temps scolaire ou englobe-t-il l’ensemble des temps scolaire et périscolaire ? ».
  • Le temps est une ressource pédagogique : organisation des apprentissages, apprentissages citoyens, vie scolaire… Il n’y a pas de hiérarchisation de ces temps. Il faut donner une égale importance aux temps éducatifs, associatifs, scolaires… Les jeunes doivent apprendre à gérer leur temps et le CAPE propose que les enseignants soient donc formés à « enseigner le temps ».
  • Plusieurs temps tissent celui de l’éducation : les temps de réception, les temps de tâtonnement, les temps de relation, les temps d’expression, les temps de création, les temps libres. Tous ces temps s’imbriquent les uns dans les autres, vivent dans tous les champs disciplinaires et permettent de ne pas opposer les savoirs dits « fondamentaux » aux savoirs artistiques, sportifs… ».
  • En remède à ces deux derniers points, dans sept académies, les échanges vont même jusqu’à conclure à la nécessité de développer l’internat « dès le collège » : solution certes à la fatigue des transports, mais aussi assurance « de bonnes conditions de gestion du temps et du sommeil ».
  • On insiste partout sur la nécessité de tenir compte de la journée de l’enfant dans sa globalité, avant, pendant et après l’École.
  • Comme le dit l’académie de Montpellier, « il faut réfléchir à une autre échelle, quitter le cadre de la journée de six heures pour celui de la journée de vingt-quatre heures…
Le concept de globalité du temps est une façon de lâcher l’école, de la faire se noyer dans le bourbier des tiers-temps et autres balivernes, de l’éloigner de sa mission initiale, les apprentissages. La demande d’internat est dans l’air du temps. Combien de parents rêveraient de confier leurs enfants le lundi matin à l’institution et de ne les récupérer que le vendredi ou le samedi, si possible gratuitement…

Tourisme
  • Les professionnels du tourisme ont aussi leur place à prendre dans l’offre éducative. Les élus des stations de montagne et des communes touristiques regrettent que les contraintes en matière de responsabilité découragent les enseignants qui hésitent à accompagner leurs élèves en classes de découverte.
Chacun voit midi à sa porte, dit le proverbe, et cette consultation le montre bien. Les classes transplantées ont eu leur heure de gloire sous la pression des parents d’élèves. Alors que jamais rien ne nous a démontré que les enfants apprenaient mieux en se transportant ailleurs. Si on se demande au passage ce que cette remarque vient faire dans la question des rythmes scolaires, on comprendra vite que la baisse des classes transplantées justifie que les élus des montagnes soient favorables au zonage des vacances, afin de compenser le manque à gagner.

Vacances
  • Le calendrier scolaire doit permettre à tous les enfants et à leurs familles de partir en vacances, alors qu’actuellement seuls 67 % des Français partent en vacances, ce à quoi l’administration du tourisme tente de remédier avec l’Agence nationale des chèques vacances (ANCV).
  • Ces vacances d’été laissent les enfants désœuvrés, les parents ne sachant pas comment les occuper.
  • L’UMIH et la FNSCMF font observer, pour leur part, qu’un étalement des vacances d’été serait synonyme de garanties tarifaires raisonnables et donc d’un meilleur accès à tous aux vacances.
  • La durée des vacances d’été est source de disparité : vacances familiales, culturelles, activités enrichissantes pour les uns, vacuité d’un temps non mobilisé, télévision et ennui pour les autres, livrés à eux-mêmes.
La vie est injuste, c’est un fait que l’on doit déplorer. Certains ne partent jamais en vacances (y compris chez les enseignants) et d’autres les occupent à des activités multiples et enrichissantes. Même si on réduisait les grandes vacances à une semaine, cela permettrait-il à ceux qui ne partent pas pour raisons financières de partir ? Tous les maux de la terre ne sont pas imputables à l’école et ce type de discours dessert complètement le message qu’il veut délivrer. Le fait que les enfants s’ennuient pendant les vacances est du seul ressort des parents d’élèves, sauf à penser que l’école doit prendre en charge les enfants 24 heures sur 24 comme le suggère l’académie de Montpellier, devenant ainsi un service social de garde d’enfant ou d’internat.

CSA
  • Les enfants et les adolescents passent la plus grande partie de leur temps libre devant les écrans, télévision pour les plus petits, Internet et jeux vidéo pour les adolescents qui se rencontrent virtuellement sur les réseaux sociaux. Les taux d’audience sont comme rythmés par le temps scolaire. La fréquentation est élevée dans la journée pendant les congés scolaires ainsi qu’avant et après l’écol
  • Le CSA préconise pour sa part la mise en place d’une véritable éducation aux médias.
  • On déplore pêle-mêle le temps excessif passé par les élèves devant « la télé » le soir, les programmes du soir non adaptés aux plus jeunes, le laxisme de certains parents… C’est le lieu du clivage parents-enseignants : les enseignants insistent sur la responsabilité des parents qui mettraient ainsi eux-mêmes leur enfant en situation d’échec.
  • Plus que par négligence, c’est par manque d’information tant sur les besoins de sommeil que sur la fascination exercée par ces nouveaux médias que les parents se montrent en réalité bien démunis. Dans plusieurs académies on propose donc des actions d’information et de « formation » en direction des familles.

La télévision est à utiliser avec grande modération et sous contrôle parental. Tous les enseignants le savent. Et le CSA a raison de tirer la sonnette d’alarme. Mais que vient faire l’école dans l’histoire ? La télévision est dans les familles. Qui doit fixer les règles de son utilisation ? Qui a les moyens de faire respecter ces règles ? Qui doit donner à ses enfants une éducation, y compris aux médias ?  Les parents bien sûr. Pas les enseignants. En France, chaque fois qu’un problème de société émerge, c’est l’école qui doit y remédier.

Les enfants sont obèses : on doit éduquer à l’hygiène alimentaire. Le tabac tue : prévention à l’école. L’homophobie augmente : prévention à l’école. Accidents de la route : prévention à l’école… La liste serait longue. À tel point que si l’enseignant s’engage dans toutes ces missions, il n’a plus le temps d’enseigner.
Le  CSA exonère les parents de négligence et les dit ignorants ou dépassés. Il n’est pourtant pas difficile de se rendre compte qu’un enfant qui manque de sommeil est irritable et fatigué. Et il est difficile de croire qu’à une époque où la plupart des enfants ont été désirés, les parents ne se donnent pas les moyens de leur donner ce qui est le mieux pour eux : une éducation.
Et si la  grande fatigue des enfants, que les auditionnés ont tous constatée, ne venaient pas des programmes trop riches, mais du laxisme éducatif dont les parents font preuve ? Et si la solution était entre les mains des parents, et non de l’école ?


Et pour finir, quelques perles qui se suffisent à elles-mêmes :
  • (…) le terrain de sport est par exemple le lieu idéal pour vérifier concrètement l’application de données mathématiques ou physiques.
  • « L’amélioration du temps scolaire doit viser une meilleure appropriation par les élèves de l’espace scolaire, pour développer un sentiment d’appartenance et le plaisir d’être à l’école ».
  • Cela doit amener les décideurs à concevoir que, si le cadre général doit être national et fixer des principes forts concernant l’intérêt des élèves et des apprentissages, il doit aussi permettre une adaptation locale, nécessairement concertée entre tous les partenaires essentiels, qui réponde aux enjeux d’une éducation nationale et aux besoins des élèves et des parents qui vivent là ».
  • Aux yeux du CNOSF, le sport est ainsi véritablement un média de culture générale, comme on le démontre dans les classes sports-sciences ou dans les camps olympiques de la jeunesse.
  • (…) une amélioration de l’organisation journalière, hebdomadaire et annuelle ne permettrait-elle pas justement la mise en oeuvre d’un  enseignement sur un mode plus interactif et ne laisserait-elle pas le temps de l’appropriation des connaissances ?
  • Pour l’École, les enjeux sont éminemment pédagogiques : il s’agit de concilier souplesse et stabilité structurante et d’articuler individualisation des parcours et équité.
  • La question du financement est un point sensible qui doit être un levier, non un frein.
  • (…) il faut envisager une évolution des rythmes scolaires dans leur globalité : globalité des temps de l’enfant, globalité de l’angle d’approche et des interlocuteurs, globalité de la réflexion…

vendredi 21 janvier 2011

Can We Fix Our Failing Schools ?



Christine d’Amico est une amie enseignante, spécialiste de la lecture. Depuis plusieurs années,  elle l’enseigne avec succès dans une école primaire de New York et ce par le biais d’une méthode efficace, à départ phono-alphabétique (Sing Spell Read and Write).  Elle possède une excellente connaissance des méthodes utilisées dans les classes et surtout des résultats qu’elles donnent. Dans cet article, elle dresse un portrait réaliste – mais néanmoins catastrophique – du niveau en lecture des élèves américains, elle suggère une explication et apporte quelques pistes pour qu’enfin tous les enfants maîtrisent la lecture en sortant de l’école élémentaire.

Au titre des éventuelles explications, on évoque couramment les enseignants non qualifiés, démotivés, paresseux, les évaluations (trop nombreuses ou pas assez), le rôle des chefs de districts (responsables des politiques pédagogiques au niveau local), la formation, les parents d’élèves, le manque de discipline, les problèmes de concentration des élèves. Mais qui est vraiment responsable, qui doit rendre des comptes de cet échec massif ? Doit-on privilégier les charters schools (écoles privées sous contrat), la scolarisation à la maison (homeschooling), les écoles privées ?

Avant de répondre à ces questions, Christine d’Amico nous éclaire sur le système scolaire américain qui est différent du nôtre. Ainsi, la liberté pédagogique qui nous est si chère, n’y existe pas. Les choix pédagogiques sont faits au niveau des écoles par le principal ou le chef du district (en charge de plusieurs écoles dans une zone géographique). Les enseignants ne sont que des exécutants, ils sont tenus d’appliquer les curriculums imposés. Tout réside donc dans le choix de ce curriculum. Ce terme désigne une méthode au sens le plus complet du terme : il s’agit du matériel (manuels, matériel collectif…) pouvant s’accompagner de la formation spécifique, dictant tout dans les moindres détails, jusqu’à la façon d’installer les élèves dans la classe, de choisir le type de tableau, de le positionner dans la classe. Ces curriculums, pour la plupart, sont faits par des universitaires appartenant au courant pédagogique dominant constructiviste et ne sont absolument pas dans une logique d’efficacité ni de rapport aux résultats. Ils représentent un marché énorme pour les éditeurs.

Il existe deux  grands courants : l’un, dominant, de nature constructiviste (Whole language) et l’autre, minoritaire d’enseignement explicite et structuré, en rapport direct avec l’efficacité. Christine d’Amico déplore que les choix curriculaires se fassent sur des critères marchands, sur des relations de copinage et non sur le rapport aux résultats des méthodes. Mais malgré les piètres résultats, les décideurs ne remettent jamais en question leurs choix, préférant blâmer les enseignants et les accusant de ne pas savoir faire leur métier correctement.

Christine d’Amico fait ensuite une présentation critique de quelques-unes de ces méthodes, au nombre desquelles Teacher’s college ou Every Day Math Program par exemple.

Les solutions, selon elle, reposent donc sur un choix raisonné des curriculums. Elle pense qu’ils devraient être faits par des comités regroupant des enseignants et des parents d’élèves. Elle accorde cette aptitude aux parents d’élèves pour une raison spécifique à la situation américaine. Beaucoup de parents, soucieux de l’instruction de leurs enfants, choisissent le home schooling et utilisent généralement les méthodes explicites ayant fait leurs preuves en termes de résultats. Cela leur donnerait le droit d’intervenir dans les choix curriculaires. Sur cette question particulière, je ne partage pas cet avis. C’est une chose que de faire la classe à la maison à ses propres enfants, et c’en est une autre que d’être enseignant s’adressant à des classes entières. Être enseignant est un véritable métier, et seul l’enseignant peut être capable de choisir une méthode pédagogique. Car c’est un professionnel, il aura un choix éclairé par la connaissance  générale des méthodes, des données probantes, de leur rapport à l’efficacité et par son expérience de classe. Toutes choses qui manquent à un parent d’élève, aussi dévoué soit-il à l’instruction de son enfant. Chez nous, le home schooling n’est pas aussi développé qu’aux États-Unis et les parents d’élèves ne sont pas en mesure de donner un avis pédagogique sur une méthode. Il est notoire également que dans l’opinion générale, les méthodes les plus populaires sont rarement les méthodes les plus efficaces.

On lira aussi avec profit les commentaires relatifs aux méthodes efficaces telles que Saxon Math, Singapore Math, Sing Spell Read and Write (Sue Dickson), Orton Gillingham (lecture), Seeing Stars (LindaMood Bell), Musical Maths Facts (Sue Dickson), Basic Writing Skills (Judith Hochman), Excellence in Writing (Andrew Pudewa). Tout cela nous montre que des méthodes efficaces existent bel et bien. Elles sont publiées et prêtes à être utilisées. Et malgré tout, elles n’ont toujours pas la notoriété qu’elles méritent.

Chez nous, en France, l’enseignant peut choisir sa méthode, son manuel. Si les méthodes explicites commencent à être connues des professionnels, elles auront vraiment une existence dès lors que les éditeurs leur consacreront des manuels et des méthodes sous une forme autre que celle d’une réédition des manuels traditionnels de l’école d’antan. Il y a encore beaucoup de chemin à faire pour que les données probantes entrent véritablement dans le domaine éducatif autrement que par des paroles ou des études savantes. Ce pas sera franchi quand les manuels explicites se feront concurrence dans les vitrines des éditeurs.


                                                   Can We Fix Our Failing Schools
                                                     Christine d'Amico, MA Elementary Ed


Today I was teaching in a general education fifth-grade class in the New York City public school system. I went around and listened to each student read individually. At least 45% of the students in this class suffer from a lack of ability to decode (sound out the words); in addition, about 85% of these students lack a wide breadth of vocabulary knowledge. Research proves that the inability to read fluently, along with vocabulary deficits, result in low comprehension, therefore a significant portion of this class is at risk.  I then did a math lesson on equivalent fractions, which was riddled with questions that were beyond these kid’s understanding.  I had to tell these frustrated students the answers because they simply could not do their work independently. About 85% of these students don’t know the multiplication and division tables. None of them can write correctly in cursive. Their ability to write essays, even to put together a coherent paragraph, is below grade level. Yet, all these students passed the 4th grade state tests last year, indicating that these tests are obviously dumbed down, and test grading is curved.

Sadly, this evening, I thought, “These kids will probably never catch up to their peers in the suburbs, who are themselves behind the rest of the world!”   “Even worse, though” I questioned, "Where the hell are these kids headed?” Dropout, crime or drugs, maybe early pregnancy and poverty, but more importantly cultural and academic illiteracy which makes their decision making and thinking ability substandard. Such is the repetitive cycle in this neighborhood, and this disastrous scenario repeats itself all over the country. And if you think this problem is just in our poorer neighborhoods, you’re wrong.

Who is really responsible for the demise of our schools? Is it the rampant supply of unqualified, unmotivated teachers as the current media depicts? Is teacher tenure the problem?  Are teachers simply too lazy and too secure (thanks to pensions) to care?  What about state requirements and testing - is there not enough or too much?  Is corruption and the lack of integrity in school district leaders the problem?  What about the low requirements in teacher formation? Are colleges who are graduating teachers setting requirements for education degrees too low?  Are negligent parents to blame? Is lack of discipline the problem? Are children, for the most part, not able to focus anymore? Are disruptive students the problem? Why are so many children failing and falling through the cracks?  Who is really responsible for the demise of our educational system and, more importantly, is it redeemable?

If our educational system is restorable, then what can we do to give American students the best education possible? Should we close down all our schools and open charter schools instead? Should we home school our kids? What about private school, is that the answer? What can parents do to turn around their schools, and improve the education of their children?  And finally, should we really be ranking our teachers solely on test results?

The Problem:
The most recent results of international comparative statistics show that the U.S. ranks 12th of 24 countries in 4th-grade math, 15th of 44 countries in 8th grade math (2003), and 9th of 35 countries in 4th-grade reading (2001). Out of 35 participating countries, U.S. student attitudes toward reading ranked third from the bottom--suggesting our children are showing little interest in this fundamental subject. (TIMSS Trends in International Math and Science Study and PIRLSS Progress in International Reading Literacy Study)
Concern is mounting that our students are falling seriously behind other countries. Our talent pool is shrinking because fewer students are majoring in math and science at our universities. Colleges are reporting that more and more students are arriving unprepared, requiring freshmen to retake courses which they should have already mastered in high school, and the areas in need of greatest remediation are reading, writing, and math.
For African-Americans and Latinos the statistics are worse yet, as their test scores lag dramatically behind their white and Asian peers. Christopher Jencks and Meredith Phillips, editors of the 1998 book The Black-White Test Score Gap, point out in their introduction that African-Americans score lower than whites on vocabulary, reading and math tests, as well as on standardized tests such as the SAT. This gap appears before kindergarten and persists into adulthood, with the average black student scoring 70 to 80 percent below white students of the same age. Similar issues arise when Mexican-American and Latino students, as well as Native American students, are compared to white students, although this phenomenon has not been studied as widely, say Jencks and Phillips. The gap between the haves and have-nots increases over the years as what is known in pedagogy as the Matthew Effect takes place, whereby the “rich (academically) get richer and the poor (again, academically) get poorer”.

State tests are being dumbed down; recently we learned in New York State that the state tests have been made easier for years while the Bloomberg administration has been touting high test score gains.  Now, the state claims, it has raised the standards, but who can believe a system that has been lying for years regarding test results? Every state and city designs tests for region specificity, and have little value because there is no standard of comparison. Conversely, norm-referenced standardized testing is more valid because test results would be compared across the nation.

Another aspect of the problem is lax school discipline; teachers and supervisors are not allowed to discipline students for fear of repercussions from parents.  Many teachers are not well-trained in classroom management. Often one or two students create major discipline problems in a class, thereby taking up most of the teacher’s prime teaching time – they are told to “just deal with it,” often while the administration is a mute by-stander.

Our special education classrooms are continuing to fill up, and again African-American students are being placed more than white students. According to the U.S. Department of Education, African-Americans accounted for 16% of the student population; however, African-Americans represented 32%, or double the current representation, of students with mental disabilities in special education. For African-Americans to represent a larger percentage of special education than the general education population, it further substantiates the role of overrepresentation within special education. This disproportionate amount of African-Americans is alarming, and according to one researcher, Dunn, has remained an unresolved issue for the last 30 years. (Zhang & Katsiyannis, 2002)

Teachers complain that parents are not supporting their children’s work at home. Indeed, especially students in low-income, urban neighborhoods, are lacking sorely in parental involvement.  In New York City, in general, about 5-10% of the student population is represented by parent involvement in the schools.  Even the most active parents, however, don’t have their finger on the causes and solutions of dysfunctional schools. They are mainly focused on helping their children survive in a system that is not working.

Teacher preparation courses are devoid of academic rigor in research-based reading pedagogy.  While reading is the single most important factor for judging a student’s success in school (children are referred to special education classes because they can’t read), teachers rarely get any opportunity to study effective reading instructional methods. [The] limited phonemic awareness of teachers, their gaps in basic linguistic knowledge, and the difficulty with which the requisite information about language is gained have become apparent. Neither undergraduate nor graduate training of teachers typically requires the command of language structure necessary to teach reading and spelling well. (Moats, 1995 AFT Magazine)

Teachers, without in-depth knowledge of how to teach reading and spelling, are placed in early childhood classrooms where the instruction will either make or break a child’s entire academic career. Just as importantly, there are some teachers (such as non-native speakers) placed in these classrooms who have intrinsic linguistic limitations to the speech sound awareness and understanding of orthography (Moats, 1995 AFT Magazine) required to teach these most important skills.

All these problems, however, although essential pieces of the public school puzzle, are small in comparison to the one major cause of our school’s demise: curriculum. A school district’s choice of curriculum dictates everything teachers say and do. It can even dictate the seating arrangement in the classrooms (whether the students are facing each other or the front of the room); the number of  bulletin boards, how they are displayed, and the comments on them; and the use of chalkboards or wipe boards.  Everything from what the teachers say, to how it is said, is dictated solely by the choice of curriculum. Teachers must follow the script or be disciplined.

Many curriculums are developed by university professors who have little to no classroom experience and just as little research to back up their work.  These professors market and sell their work to publishers or, if they are associated with big institutions such as Columbia Teachers College or Harvard University, they are usually believed to work without question because the names carry so much weight in academia. Often times, as in the case with the failed whole language curriculum from New Zealand, they are created in other countries. Other times, the big publishers (Pearson, Harcourt Brace, Houghton Mifflin, Silver Burdett and Ginn to name a few) use a team of people on staff to develop a curriculum and then pay university professors to sign off on their programs.  These publisher-designed curriculums are built along current trends or instructional strategies that are in fashion, as opposed to empirical, research-based/designed curriculums.

Most curriculums are written from an existing paradigm, and can basically be categorized into two camps. One is direct, systematic, explicit instruction (such as phonics), while the other is implicit instruction (such as whole language). Direct, systematic, explicit methods are logical, straightforward, and provide much guidance, whereas…Implicit methods do not provide specific guidance on what is to be learned from the task (Learning Lab, Pittsburgh Science of Learning Center). The latter is the basic paradigm underlying the failed whole language method. The designers of this method believe students implicitly learn to read with little attention paid to phonics (Frank Smith, one of its founders, even went so far as to say that “the alphabet has nothing to do with reading”). Both methods are applied not only to reading, but also writing and math curricula.

There are usually just a handful of alleged experts (sometimes just one person) in charge of buying into the philosophy behind a school district’s curriculum. More often than not, these “experts” have minimal to no classroom experience. Choosing the curriculum for schools can often have little to do with what works, and far more to do with whether or not the curriculum is written by a friend and/or the current trend in academia. These contracts with districts are huge and publishers are in the business of making money. They often cut deals with big school districts, giving away free books in exchange for those contracts. Publishers are in the business of selling, and like to come up with new programs (whether they work or not) so they can continue making more money; they also like to sell their most expensive programs, again, to maximize their profit margin.  The amount of money that flows from districts to publishers is huge, and a big secret.
Once a school district buys into a curriculum, no matter how inappropriate or ineffective, teachers must use it without question; those who question the district’s choices are silenced. If he or she chooses to continue questioning, even though reprimanded, he or she will be eventually be disciplined and made an example of by the district. Teachers are not allowed to tell parents that the curriculum chosen is not research-based.  They are also not allowed to use any other materials other than the mandated curriculum chosen by the district. When test scores plummet due to poor teaching methods, however, teachers get blamed. With their hands tied and their mouths muted, teachers become the scapegoats, stripped of all power, and therefore unable to make a difference in our children’s lives. The real culprit in all these low test scores, though, can be pinned down to the decision makers at the top who are forcing teachers to be quiet and use poorly written curriculums in their classroom.

However, these individuals are never held accountable before the Board of Education or public for the poor choices they make for our students.  When test scores go down, these Curriculum Directors sit back in their offices without any consequences whatsoever to the choices they’ve made, the taxpayers money they’ve spent, and the results they’ve promised but haven’t delivered.  Teachers, who are on the front lines, wind up taking the blame for this mismanagement of power and knowledge. Clearly, there is a disconnect between the decision makers and the consequences of those decisions in our schools.

A good example of this is the Bloomberg administration’s implementation of Teacher’s College Reading and Writing Workshop Model from Columbia University for reading, writing and spelling instruction in all New York City Schools. Teacher’s College is clearly a repackaging of whole language, and was written by Lucy Calkins, who is a huge advocate of the failed whole language method. Lucy happened to be a close friend of Diana Lam, who was the deputy chancellor of New York City  public schools when Bloomberg took office.

Another poor choice was the Everyday Math Program (known as Fuzzy Math because it’s so difficult to understand, even for teachers) implemented by this administration. Both programs are neither direct, systematic, nor explicit, and it didn’t take a rocket scientist to see that these methods would not work with our student population, yet the powers-that-be missed this fact.  These programs are in line with the current trends of academia, with Everyday Math or Chicago Math sourced from Arne Duncan’s (U.S. Secretary of Education) city and, of course, Columbia College, which is supposed to be putting out the best teaching practices in the world.
When these curriculums came into our schools, every other good, solid instructional method was thrown out; literally, dumpsters were filled with good programs teachers were forbidden to use. The vast majority of our public schools were purged of any other method and, although there was a huge outcry from teachers (mostly senior tenured teachers who knew this new method was going to fail), they were quickly silenced. These teachers were forced to use this “new method” with the threat that disciplinary action would take place in the form of insubordination if they refused to follow the script.

Teacher’s College, or TC as some refer to it, and Everyday Math, have many poor pedagogical techniques. For the first 4-6 years of using TC in New York City, teachers were forbidden to use any phonics instruction, even though all reading research clearly shows that phonemic awareness is the single most important predictor of whether a child will learn to read or not, with this ability clearly connected to their chances of overall success. (Note: eventually New York City did add Month By Month Phonics, a program highly criticized for its lack of systematic instruction on how to break down words, i.e., decoding)
Ever since implementation of the TC model, teachers have had to make “leveled libraries” in classrooms for their kids; all bulletin boards and chalkboards are now covered; children have to sit on the rug and be taught in groups; and classroom desks must face each other so students can “collaborate.” (What lecture have you ever gone to where the people are facing each other?)  This seating arrangement is a classroom management nightmare. Obviously there’s a lot of form in Teacher’s College curricula but little function in terms of results.

Everyday Math changes topics daily, rotating new concepts in and out of curriculum, which is a very confusing format for students. The lesson initially cited in this article, where I did fractions with fifth graders, had equivalent fractions, comparing sizes of fractions, and mixed numbers one day, while the next day the kids were adding fractions, then the next day decimals, and the next day prime factorization. This is too much for kids to handle and not enough practice for them to learn and master the basics.

The Department of Education (DOE) in New York City requires that special education classrooms use this same curriculum that failed them in general education, and absolutely no one is allowed to deviate. Common sense tells us that if a curriculum was not working for students in general education it probably won’t work in special education. At the least, teachers ought to be allowed to try a different curriculum with these students to yield better results but, alas, they are not allowed.  Private special education schools, which are popping up all over Manhattan, use good solid explicit curriculum with their students. If parents can prove that the implicit curriculum is not working for their children, then the DOE has to foot the bill to send those children to these private special education schools, sometimes to the tune of $80,000 a year per student. And we wonder where our money is going!

If you think this is just New York City, you’re wrong; Columbia’s Teacher’s College Model (by Lucy Calkins) has long tentacles reaching into every school district in our country.  The Teacher’s College method (which is really whole language) infiltrates the publishing companies who create and model their curriculums after this program because it sells. Everyday Math, or some other Fuzzy Math such as TERC Investigations, are often the choices of many school districts, even the wealthier ones. Why? Because it’s trendy, gets a lot of press, and whatever the status quo is using is often interpreted as what works – especially if it comes from the renowned Teacher’s College. Yet students are suffering under these poorly-designed programs, which may tickle someone’s fancy at the university level or in the district office, but simply don’t work in the classroom.

Indeed, curriculums come and go in school districts like the flavor of the day in an ice cream parlor.  Teachers, have NO control as to what instructional method must be implemented in their classrooms, yet somehow they are held accountable for test scores.   Can you imagine dictating to a lawyer his method of argumentation? Or a doctor his method of treatment? Yet, this is exactly what goes on in our classrooms each day, all over this country. This is the main reason why our system is so broken.

The Solution:
Start by abolishing the curriculum director position(s) altogether (there, I just saved your district anywhere from $150,000 to $300,000 in salaries per year!)  A team of parents and senior teachers should be involved in the curriculum choices for your schools, because professionals, both real and alleged, should not be the only individuals involved in choosing curriculum.  Curriculum directors have basically the same training as any teacher except that most of them haven’t spent enough time in the classroom to know what works. School districts can learn from home schoolers who are picking great curriculum for their kids and, I might add, outscoring their public school peers (consider that Everyday Math and Teacher’s College are rarely, if ever,  the chosen curriculums for homeschooling by parents with any degree of rational or logical discernment).

If a teacher is going to be accountable for his or her test scores then it only follows that he or she should be allowed to pick the method of teaching to his or her students, keeping in mind that content is dictated by common core standards. These standards are set out by each state and in general are the same for each state. A good curriculum will meet and exceed all standards set forth, and the parent-teacher teams would have to make sure their curriculum choices meet these standards (that is, by covering the material required for each grade).  There is also a wonderful set of standards which are specific and clearly laid out by E.D. Hirsch, Jr. in his Core Knowledge Standards, which are rigorous and precise because they are empirically based.  It is my opinion that every school district should use it, thus raising the bar of required academic literacy in our schools.

The best curriculum is always direct, systematic and explicit. Let’s leave fuzzy implicit instruction to college years after our students have good solid foundations in the fundamentals, and are therefore equipped to draw informed conclusions. A good curriculum can make up for a fair amount of the deficits in teacher preparation because these programs are well-built and actually train the teachers in proper instruction. There are curriculums that work beyond our expectations in all classrooms with all populations. I am a huge advocate and champion of Sing, Spell, Read & Write by Sue Dickson. This is a complete beginning-literacy curriculum for grades K-1 that has helped to produce tens of thousands of fluent, independent readers. It reflects a unique 36—step system of carefully sequenced instruction that combines music and multimodal teaching strategies that were developed and classroom tested for more than 25 years. The program features the scientifically-based principles of balanced reading instruction that include phonemic awareness; systematic, explicit, intensive phonics reinforced with connected decodable text; multiple readings to provide practice and build fluency; and comprehension strategies that help develop higher-order thinking skills. The key to this program is the use of rhyming songs set to age-appropriate music to teach over 40 phonemes (the most basic sounds of a given language). The songs in this program transform the monotonous work of memorization into a quick and easy process.   I would challenge any other program against a SSR&W classroom to produce the same high-quality results; in fact, I did just this when Mayor Bloomberg came into office but he did not take me up on my challenge.   Another good reading program is Orton-Gillingham; although a bit drier than Sing, Spell, Read & Write (in terms of maintaining student attention and participation), this program can still get the job done. You might also want to look into LindaMood Bell’s Seeing Stars, again a better choice for schools than implicit-based learning methods.

Two great math curriculums which are direct, systematic and explicit are Saxon Math and Singapore Math (yes, from Singapore). These choices make teaching math direct, systematic and academically rigorous, and when high standards are met our students learn.  There is plenty of practice in each one of these programs to allow for students to learn and grow.  Another great program for teaching math basics is Musical Math Facts by Sue Dickson. I use this with my students to teach them basic math facts, which must become automatic. Again, rhyming songs set to fun music is both scientifically sound and a wonderful teaching tool.
For writing, school districts should again choose direct, systematic and explicit instruction. While Sing, Spell, Read & Write primarily teaches students to read and spell, Basic Writing Skills by Dr. Judith Hochman is a curriculum used to teach the mechanics of writing fundamentals such as sentence, syntax, paragraph, and essay structure.  Andrew Pudewa’s Excellence in Writing is also quite good, incorporating the memorization of poetry to increase linguistic development. This is a great technique, and of course has been practiced for years in classrooms of old, where memorization of key poems, scriptures and documents were required.  For grammar, I like Kathy Troxel’s Grammar Songs, again a direct, systematic program providing tremendous support for the understanding and memorization of key concepts. Structured, accurate grammar is absolutely essential, and ought to be a part of every school system’s curricula.

Once solid curriculums are chosen, then teachers must be trained and retrained in the programs.  Don’t rely on big publishers for training; often they don’t thoroughly understand their own programs and therefore cannot provide in-depth training. Get specialists who know the programs you’ve chosen and who will train your teachers to get results. Supervisors (i.e., school administrators) also need to be knowledgeable in order to oversee the implementation and success of the programs.  Pre-testing in September and post-testing in June ought to be done with norm-referenced standardized tests (the Gates MacGinitie is a great test) so that we can see how our students are doing compared to the rest of the country, not just the state. Progress must be made by all students - if not, take a good look at the curriculum and get rid of it if it’s not working, and then get something that does work. Please don’t sit for years with curricula that doesn’t work, because children will continue to suffer long after they “graduate.”

Good curriculums work with general education or special education. If we use multi-sensory programs, we can reach all our students, not just those who come to us prepared to learn. Test prep and test scores are not a problem if we use good curriculum in our classrooms with well-trained teachers. We don’t have to be obsessed with test prep because we can relax and know that all of our students will meet and exceed any tests given.  Having your district armed with good curriculum helps ensure maximum learning and leaves no child behind. After all, isn’t that what we want from our schools? Parents must understand that teachers can only make a big difference in their children’s lives if they are using the absolute best curriculum in their classrooms.  Teachers and parents working together can and must step up to the plate and tell the curriculum directors of their districts to move over. This is a new game and we’re playing it to win!


Resources: 

If you are looking something that is not here, please feel free to contact me, Christine D’Amico (800) 541-3245 or info@abcwritestartread.com


Math Instruction:



Reading Resources:

American Federation Of Teachers Summer 1995 American Educator Magazine: Learning To Read -Schooling’s First Mission




Writing:

Grammar/American History/World History  (add these to your grammar and history curriculum to facilitate memory of important facts)




Science:


Core Knowledge:


Google:

Sing, Spell, Read & Write 1998 version (better than 2004)


About Teachers College: (Diana Lam and Lucy Calkins)


About the author

Christine D’Amico holds a BA in French with an Elementary Education minor, and an MA in Elementary Ed and Children’s Literature. She has been an Educator in New York City Public Schools since 1990, while prior to this she was a Systems Analyst for Sanford C. Bernstein.  Christine studied French pedagogy at the Ecole Normale Du Calvados in Caen, France and continues to work with her French colleagues formapex.com to bring direct, systematic, instructional methods into French classrooms. She has taught first through fifth grade and held positions in elementary schools as a Reading Remediation Teacher, Reading Specialist, French Teacher, Drama Teacher, and is a New York City Teacher of the Year. In addition to working for the New York City DOE in summer school, after-school, and Saturday Academy, Christine operates her own private tutoring companies, Excel Tutoring and ABC-Write Start Read! Inc., along with a curriculum consulting firm, Expert Curriculum and Instruction, Inc.  You can visit her website at abcwritestartread.com or see her on YouTube at youtube.com/user/abcwritestartread?feature=mhum.