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jeudi 24 septembre 2015

Vocabulaire: un enseignement explicite




Voici un article très intéressant écrit par Shaun Killian, il a suscité l’intérêt de nombreux enseignants. Il porte sur l’importance d’un enseignement spécifique du vocabulaire. Le titre donne le ton : 3 raisons pourlesquelles plus de lecture n’enrichit pas forcément le vocabulaire.Voici, en substance, ce qu’il dit.
Chacun sait, et la recherche l’a montré, toute l’importance d’un bon vocabulaire pour une meilleure compréhension en lecture. John Hattie va même plus loin en soutenant qu’il surpasse en efficacité des enseignements spécifiques comme par exemple les stratégies de compréhension. Si la maîtrise du vocabulaire facilite la lecture, la réciproque n’est pas forcément vraie : lire plus n’induit pas une amélioration du vocabulaire significative pour tous les élèves.   

La très grande majorité des enseignants disent que, pour améliorer le vocabulaire des élèves, ils les incitent à lire davantage. Bien sûr, il faut encourager la lecture ; néanmoins, ce n’est pas le meilleur moyen pour enrichir le vocabulaire. Pourquoi ? 

Tout d’abord car deviner le sens d’un mot dans un texte conduit à des approximations, à des interprétations erronées. Il est indispensable que les élèves connaissent le sens précis des mots ainsi que leur utilisation liée aux divers contextes possibles.

Par ailleurs, une exposition occasionnelle n’améliore pas le vocabulaire. Il faut avoir été exposé plusieurs fois à un mot pour en intégrer le sens. Une seule fois lors d’une lecture est insuffisant. La recherche dit que les élèves retiennent seulement 15% des mots nouveaux rencontrés au cours d’une lecture occasionnelle.

Enfin, la plupart des élèves ne trouvent pas le sens des mots nouveaux, et continuent leur lecture malgré tout. Pour apprendre des mots nouveaux, il faut que l’élève en ait la ferme intention. Mais il doit aussi connaître le fonctionnement et la structure des mots, Quand l’élève aura à la fois le  désir et l’aptitude, il pourra intégrer de nouveaux mots.

Comment favoriser un tel apprentissage ?
Selon la recherche, la seule chose à faire, et la plus importante, est d’enseigner explicitement les mots nouveaux. Cela passe par un travail sur des listes de mots, et par un enseignement de mots en rapport avec les sujets abordés. Mais on peut aussi  faire d’autres choses pour améliorer apprentissage des mots dans une fourchette de 15 à 41 %. Ces stratégies se centrent sur la discussion de mots lors de lectures.

Stratégie 1 : Susciter un intérêt pour les mots.
Le travail de l’enseignant est de nourrir la curiosité des élèves pour les mots, de les conduire à rechercher du vocabulaire nouveau et à approfondir la compréhension des mots déjà connus.

Stratégie 2 : Enseigner les mots explicitement.
Il s’agit d’enseigner les coulisses des mots. L’enseignement porte sur les connaissances phoniques, morphologiques. On enseigne la structure constitutive des mots,  les segments porteurs de sens (radical, préfixe, suffixe) afin que, dans des mots nouveaux, les élèves soient capables de les repérer.

Stratégie 3 : Expliquer les nouveaux mots au fur et à mesure de leur rencontre.
Souvent, les élèves écoutent leur enseignant ou leurs pairs lire. Dans ce « lire ensemble », peu importe qui lit, toute la classe est activement impliquée dans la compréhension et dans la discussion du texte. En expliquant le sens des mots quand ils apparaissent, on double la probabilité de mémorisation du mot.

Stratégie 4 : Impliquer les élèves dans la découverte de nouveaux mots.
Cela vient compléter efficacement les stratégies déjà énoncées. On peut demander aux élèves d’écrire leur propre explication du mot. Mais aussi de réaliser des comparaisons de mots liés entre eux, de préciser des différences. On peut leur faire établir des cartes hiérarchiques des mots cousins, des dessins ou des diagrammes pour les aider à retenir le terme ou examiner les différences grammaticales entre mots de la même famille.

Stratégie 5 : réviser les mots plusieurs fois.
Les élèves mémorisent mieux les mots s’ils y ont été exposés de multiples fois. Ainsi, il faut attirer l’attention sur des mots déjà présentés lors des lectures collectives. Il faut aussi leur rappeler les différents sens des mots selon les contextes.

Attention il est dangereux de laisser l’apprentissage du vocabulaire se faire uniquement  lors des lectures autonomes. En plus des inconvénients cités plus haut, cela accentue l’écart entre bons et faibles lecteurs.

Une fois de plus, la recherche et l’expérience mettent en exergue la nécessité d’un enseignement explicite et structuré au détriment d’un enseignement reposant sur la découverte autonome. Une fois de plus, preuve est faite, confirmée par l’expérience de classe, qu’une pratique abondante, une exposition fréquente aux mots nouveaux est la voie vers une efficacité accrue.

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