Translate

vendredi 1 novembre 2013

Métier d'enseignant: quel statut dans la société ?

Voici une étude décrivant le statut des enseignants dans divers pays du monde. J’en ai retenu quelques aspects.


https://www.varkeygemsfoundation.org/sites/default/files/documents/2013GlobalTeacherStatusIndex.pdf

Tout d’abord, un tableau présentant les pays en fonction de la considération du métier dans la société. Ce tableau range les pays du mieux classé au plus mal classé et propose aussi des informations sur le salaire et le rang dans la classification PISA. On ne peut pas établir un lien de corrélation entre le classement, le salaire et les résultats au PISA. On notera que la Chine, la Corée du Sud, la Turquie, l’Égypte et la Grèce considèrent mieux leurs enseignants que les autres pays. La France arrive en 11ème position (sur 21).

Pour une comparaison portant entre les enseignants du primaire, du secondaire et les chefs d’établissement, on souligne que la France, avec la Turquie, les États-Unis, et la Chine considèrent mieux les enseignants du primaire que les deux autres catégories. Cela fait figure d’exception.

A la question « Encourageriez-vous votre enfant à devenir enseignant ? »,  on note beaucoup de disparités entre les pays. Les plus fortes incitations viennent des pays en tête de liste dans la classification générale. Cela est normal : si le statut du métier est reconnu dans la société, cela incite les parents à vouloir orienter leurs enfants dans cette voie. Les plus faibles incitations viennent des pays dans lesquels le métier est peu considéré, comme par exemple, Israël, le Portugal, le Japon …

La perception du métier par rapport à d’autres professions. En France (mais aussi en Turquie, aux USA et au Brésil) on assimile le statut de l’enseignant à celui d’un bibliothécaire. La Chine est la  seule à lui donner un statut équivalent à celui de médecin.

Le respect des élèves envers leurs enseignants. La Chine, la Turquie et Singapour arrivent en tête ; ce sont les plus nombreux à penser que les élèves respectent les enseignants. La plupart des pays européens sont plus pessimistes quant à cette notion de respect, contrairement aux pays asiatiques.

La perception des salaires. Si la plupart des pays trouvent juste le salaire réel des enseignants par rapport à l’idée qu’ils s’en faisaient, la France fait exception (avec le Japon et les USA) où l’on pense que les salaires véritablement perçus sont bien trop élevés ; cet écart entre les salaires perçus et les salaires « mérités » oscille entre 6% et 55%. A ces exceptions près, la vaste majorité des pays trouverait juste une rémunération plus élevée, de 1 à 40%.

Le lien entre rémunération et résultats. Dans les 21 pays, plus de 59% des gens pensent que les enseignants devraient être payés en fonction des résultats des élèves. En Égypte, le taux s’élève à plus de 90%.  En Suisse, ils sont seulement 15% à le penser.  Les auteurs de l’étude sont surpris par la position de la Finlande et de la Chine deux pays favorables à ce système (PRP : Performance Related Pay ou rémunération selon résultats). La Chine, car ce principe est inattendu dans un système toujours communiste. La Finlande, car c’est déjà un pays qui a de bons résultats.

La qualité du système éducatif. Les 4 pays les plus satisfaits sont la Finlande, Singapour, la Suisse et le Japon. En règle générale, il est observé que les pays qui réussissent bien au PISA ont une meilleure estime de leur système éducatif.

Les enseignants et les syndicats. Dans les pays à forte histoire syndicale (France, Grèce, Japon, USA) on pense que les syndicats ont trop d’influence. Observation inverse dans les pays où le syndicalisme enseignant n’est pas puissant.

Concernant la France, rien n’est bien surprenant dans cet état des lieux. La déconsidération sociale du métier ne surprendra aucun d’entre nous. C’est un mouvement de fond qu’il sera bien difficile d’inverser sans une forte volonté politique, et une véritable réforme éducative et salariale. La seule observation étonnante à mon sens est celle qui montre qu’en France, les enseignants du primaire sont plus considérés que ceux du secondaire. Alors que depuis des années, le métier de professeur du secondaire était considéré comme plus prestigieux. Il serait intéressant de savoir à quel moment et en quelles circonstances s’est opéré ce renversement de la perception.


Aucun commentaire:

Publier un commentaire

Les commentaires sont modérés. Ne seront retenus que ceux qui sont en rapport avec le sujet, clairement énoncés, courtois, et non injurieux.